Financements · 7 min de lecture
Construire le budget d’un projet subventionné
Le budget est souvent la partie la plus regardée d’une demande de subvention : il dit, chiffres à l’appui, si le projet est réaliste et à quoi servira l’argent. Voici comment le construire pour qu’il rassure le financeur.
1. Un budget équilibré
Le budget d’un projet présente d’un côté les charges (ce que le projet coûte), de l’autre les produits (qui le finance). Le total des deux colonnes est identique : la subvention demandée vient compléter les autres ressources. Le formulaire Cerfa n° 12156 suit cette présentation, par grandes catégories de comptes.
2. Les charges
- Achats : matériel, fournitures, petit équipement ;
- services extérieurs : location de salle, assurance, entretien ;
- autres services : intervenants, déplacements, communication ;
- frais de personnel : la part du temps des salariés consacrée au projet ;
- frais de structure : une quote-part du loyer, de la comptabilité ou de la coordination, si l’appel l’autorise, avec une clé de répartition expliquée.
Appuyez les montants importants sur des devis. Un budget trop rond (exactement 10 000 €) éveille la méfiance ; un budget détaillé inspire confiance.
3. Les produits
- les subventions demandées, financeur par financeur, avec leur statut (obtenue, demandée, à demander) ;
- les ressources propres : participations des usagers, ventes, cotisations affectées au projet ;
- les fonds propres de l’association (autofinancement) ;
- le mécénat et les dons.
Beaucoup de financeurs plafonnent leur part (par exemple 50 % ou 80 % du projet) : vérifiez-le et montrez les cofinancements.
4. Valoriser les contributions en nature
Les contributions volontaires en nature (heures de bénévolat, locaux ou matériel prêtés gratuitement) se présentent au pied du budget, à égalité en charges et en produits. Elles ne sont pas financées par la subvention, mais montrent l’engagement de l’association et l’effet levier de chaque euro public. Voir valoriser le bénévolat.
5. La cohérence avec le projet
Chaque action décrite dans le dossier doit se retrouver dans le budget, et inversement. Les financeurs repèrent vite une ligne « divers » importante ou une action sans coût. Gardez une note de calcul : elle servira pour le compte rendu financier, qui compare le prévu et le réalisé.
6. Le budget de l’association
Beaucoup de dossiers demandent aussi le budget prévisionnel global de l’association, voté en assemblée générale. Il doit être cohérent avec celui du projet : la subvention demandée y figure, comme les autres financements attendus. Voir le guide du trésorier.
Questions fréquentes
Le budget d’un projet doit-il être équilibré ?
Oui : le total des charges est égal au total des produits. La subvention demandée vient combler la différence entre les dépenses et les autres ressources, ce qui montre au financeur à quoi elle sert précisément.
Peut-on inclure une part des frais de fonctionnement ?
Souvent oui, sous forme de frais de structure liés au projet (une part du loyer, de la comptabilité, de la coordination), si l’appel ne l’interdit pas et que la clé de répartition est expliquée.
Faut-il valoriser le bénévolat ?
C’est conseillé : les contributions volontaires en nature (heures de bénévolat, mise à disposition gratuite de locaux) figurent au pied du budget. Elles montrent l’engagement de l’association et l’effet levier de la subvention.
Ce guide donne des informations générales sur le droit des associations loi 1901, à jour à la date indiquée. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel pour une situation particulière.